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EPR : des factures et des promesses

Publié en février 2025

La mise en service de l’EPR de Flamanville, au mois de mai dernier, et qui se poursuit aujourd’hui, doit permettre à ce réacteur de fonctionner à pleine puissance à partir de l’été prochain. Cet EPR sera le quatrième à être mis en service, après celui en Finlande, et les deux EPR chinois.

La France prévoit à l’avenir de construire 6 à 14 réacteurs EPR2 - évolution simplifiée et optimisée de l’EPR- d’une puissance de 1 670 MW. Aujourd’hui, plusieurs EPR sont en service ou en construction, notamment au Royaume-Uni à Hinkley Point.

De nombreux projets d’EPR sont aussi à l’étude, notamment en Europe, et en Asie : En Pologne, en Slovénie, aux Pays-Bas, et en Inde ou 6 exemplaires de l’EPR font l’objet d’études et de développements.

L’EPR se distingue des réacteurs conventionnels par une durée de vie de 60 ans, un rendement amélioré (37 % contre 33 % pour les REP français) et une sécurité renforcée avec les mesures de sécurité entérinées suite à la catastrophe de Fukushima. Il intègre plusieurs innovations : un récupérateur de corium pour limiter les risques en cas de fusion du cœur, un réflecteur neutronique pour ralentir le vieillissement de la cuve, et le système de mesure neutronique Aeroball pour optimiser la surveillance du cœur.

L’EPR2 conserve les atouts de l’EPR tout en simplifiant sa conception pour réduire les coûts et délais de construction. Il maintient une puissance de 1 670 MW, mais les rejets environnementaux sont réduits de 20 %, et la possibilité d’utiliser jusqu’à 30 % de MOX permet à l’EPR2 de se montrer moins gourmand en ressources.

Les autres particularités qui distinguent l’EPR de son cousin amélioré, l’EPR2, sont une structure en béton simplifiée - paroi unique au lieu d’une double - , trois circuits de sauvegarde au lieu de quatre, et l’abandon du concept qui permettait la maintenance en fonctionnement.

Au-delà des six EPR - trois paires en réalité - déjà actés, se pose en France la question de la capacité du pays à fournir une électricité décarbonée en quantité suffisante, étant donné la prévisible augmentation de la demande à venir. En effet, l'électrification de la mobilité, les transferts d’usages, notamment au niveau industriel, du fossile vers l’électrique, la multiplication des électrolyseurs pour produire de l’hydrogène vert - ? - constituent des illustrations de la trajectoire française vers un mix totalement décarboné en 2050, avec ce pré requis : la capacité du pays à produire une électricité renouvelable, et à l’intégrer convenablement aux réseaux, existants et à venir. Nous savons le faire avec le nucléaire, et les scénarios prévisibles laissent penser qu’un mix entre nucléaire, éolien, solaire et hydroélectrique sera à même de répondre à la demande tout en étant intégrable et suffisamment pilotable.

Comme sur d’autres sujets relatifs à l’avenir industriel français, il est indispensable que de nombreux développements technologiques s’opèrent avec succès pour que l’équation électrique à horizon 2050 se fasse jour. L’EPR2, fort du retour d’expérience de l’EPR, fait partie de ces paris technologiques à gagner, avec l’impératif d’éviter les retards et surcoûts constatés sur l’EPR, pour être à l’heure en 2050.

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