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PFAS: quelques sites industriels responsables de la quasi-totalité des émissions dans l’eau en France

Posté le par AFP

Une petite minorité de sites industriels sont responsables de la quasi-totalité des rejets de « polluants éternels » PFAS dans les eaux françaises, selon un rapport de l’ONG Générations Futures publié mardi.

Depuis un arrêté de juin 2023, des milliers de sites industriels classés pour la protection de l’environnement et susceptibles d’utiliser des PFAS sont tenus de réaliser une campagne « d’identification et d’analyse » de leurs rejets de ces substances dans l’eau.

Quasi indestructibles, les substances per- et polyfluoroalkylées ou PFAS, qui regroupent des milliers de molécules, s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les eaux des rivières, la nourriture et jusqu’au corps humain, d’où leur surnom de polluants « éternels ».

Quelque « 5,4% d’industries sont responsables de plus de 99% de toutes les émissions » de PFAS « vers le milieu naturel ou une station d’épuration urbaine » mesurées lors de cette campagne, a indiqué Pauline Cervan, toxicologue de Générations futures, lors d’un point presse.

Ces 146 établissements présentent des quantités rejetées de PFAS supérieures à 1 gramme par jour ou des concentrations de PFAS supérieures à 25 microgrammes par litre, selon Générations futures, qui s’est basée sur les données mises à disposition par les directions régionales de l’environnement (Dréal) au 25 mars 2025, issues des relevés de 70% des établissements concernés.

Parmi eux, l’ONG relève treize sites émettant plus de 25 grammes par jour ou ayant des rejets très concentrés en PFAS (supérieurs à 200 microgrammes par litre), qui « doivent prendre des mesures immédiates pour stopper leurs émissions », ce que certains ont déjà fait.

Sur le podium, deux sites déjà connus pour cette problématique, l’usine BASF de Saint-Aubin-Lès-Elbeuf, au sud de Rouen, et l’usine Solvay de Salindres, dans le Gard, toutes deux très émettrices d’acide trifluoroacétique (TFA), un PFAS à ce stade pas réglementé mais dont la toxicité est en cours d’évaluation par l’Anses.

Une troisième usine, moins connue, complète le trio de tête des sites les plus émetteurs, selon Générations Futures : Finorga, à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), qui produit des principes actifs pharmaceutiques, également présenté par l’ONG comme un « super-émetteur » de TFA.

« Si l’activité produit des effets nocifs sur la santé, il faut arrêter la production, il n’y a aucune ambiguïté là-dessus », a réagi le maire de Mourenx, Patrice Laurent (divers gauche, ex-PS). « La manière dont on fabrique des produits chimiques en France est la plus réglementée dans le monde », a-t-il cependant estimé.

« Le fait d’être un bassin industriel ne justifie pas de permettre aux industriels de polluer comme ils le font », a estimé pour sa part Patrick Mauboules, membre de l’association de défense de l’environnement Sepanso 64.

Cette concentration des émissions dans un petit nombre d’usines est « un peu inquiétante vis à vis des zones riveraines qui sont (…) ultra-contaminées », souligne Pauline Cervan.

Elle note toutefois que, compte tenu de cette concentration, « des actions assez ciblées peuvent rapidement être mises en place et aboutir à des mesures efficaces pour réduire drastiquement les émissions ».

ngu-cas/jum/ktr

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