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Livreurs de repas à domicile: une organisation du travail qui nuit à la santé, dit l’Anses

Posté le par AFP

L’organisation du travail des livreurs de repas à domicile des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo, qui repose sur un management via l’intelligence artificielle, est « à risque pour leur santé », estime l’Anses dans un avis rendu public mercredi.

Pour cette « évaluation des risques liés à l’activité des livreurs des plateformes de livraison de repas à domicile », l’agence sanitaire, saisie par la CGT il y a quatre ans, a examiné les conditions de travail et les expositions (accidents, risques psychosociaux, pollution…) de ces travailleurs.

Pour « optimiser leur rendement économique », une intelligence artificielle attribue les livraisons « sans interaction humaine directe », décrit l’agence, livrant un panorama inédit d’une « organisation du travail à risque » pour la santé des plus de 71.000 livreurs indépendants en France – très majoritairement des livreurs de repas.

« Évaluation des prestations par les consommateurs, évolutions des modalités de rémunération, règles d’attribution des courses » et même « sanctions »: tout est géré par des processus automatisés, avec des problèmes de santé physique et mentale en cascade, à court, moyen et long termes.

En découlent des accidents de la route, des chutes, des troubles musculo-squelettiques, des atteintes à la santé mentale: « stress, fatigue, épuisement liées à la pression constante des notifications, à l’isolement et à l’absence de relations professionnelles stables », détaille à l’AFP Henri Bastos, directeur scientifique santé et travail à l’Anses.

Les livreurs des plateformes souffrent aussi de troubles du sommeil, de maladies métaboliques, respiratoires ou cardiovasculaires liées à une activité aux horaires atypiques, dans un environnement de travail difficile: pollution urbaine, bruit…

« Il y a aussi des conséquences socio-familiales: pour s’assurer un niveau de vie décent, les livreurs vont accepter un grand nombre de courses et donc avoir des amplitudes d’horaires importantes, travailler parfois 7 jours sur 7 », relève M Bastos.

Or, en majorité indépendants, ces travailleurs ne bénéficient « ni d’une politique de prévention des risques adéquate, ni d’une protection sociale suffisante », souligne l’agence.

Dans un contexte réglementaire en construction pour cette activité, l’Anses recommande notamment de rendre obligatoire pour ces travailleurs les dispositions de santé et de sécurité prévues pour les salariés dans le Code du travail et d’imposer « une limitation et un contrôle de leur temps de travail ».

ref/ic/grd/LyS

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