Le britannique BP a enterré mercredi une stratégie climatique autrefois ambitieuse et annoncé un recentrage sur la production et les investissements dans le pétrole et le gaz, avec l’espoir de doper ses bénéfices en berne et ses redistributions aux actionnaires.
« Nous allons accroître nos investissements et notre production (d’hydrocarbures) pour pouvoir produire de l’énergie à forte marge dans les années à venir » et « nous serons très sélectifs dans nos investissements dans la transition », a résumé dans un communiqué le directeur général Murray Auchincloss.
BP, qui s’était distingué à partir de 2020 par un ambitieux plan de neutralité carbone, est déjà largement revenu depuis deux ans sur ses objectifs climatiques, et avait assuré en décembre vouloir réduire « de manière significative » ses investissements dans les énergies renouvelables.
Il dévoile mercredi une « remise à zéro » de sa stratégie lors d’une journée dédiée aux investisseurs. M. Auchincloss s’exprimera en début d’après-midi lors d’une présentation en ligne.
Parmi les annonces détaillées en amont dans un communiqué, le groupe affirme notamment qu’il augmentera sa production d’hydrocarbures d’ici 2030, là où il visait précédemment une diminution de 25% en 2030 par rapport à 2019 (un objectif déjà revu à la baisse en 2023).
Il compte aussi augmenter ses investissements dans le pétrole et le gaz à 10 milliards de dollars par an, soit les deux tiers des investissements prévus en 2025, tout en réduisant de 5 milliards de dollars par an ses investissements dans ses projets de transition (qui pèseront désormais de 1,5 à 2 milliards par an).
BP a aussi annoncé un objectif de 20 milliards de dollars de cessions d’ici 2027, qui pourraient notamment concerner sa filiale de lubrifiants moteurs Castrol.
L’entreprise est sous pression d’investisseurs activistes, qui plaidaient pour des changements importants de stratégie: c’est notamment le cas du fonds Bluebell, qui appelle depuis plus d’un an le groupe à revoir à la baisse ses ambitions jugées « irrationnelles » sur les énergies propres.
Des informations de presse ont aussi fait état ces dernières semaines d’une prise de participation « significative » du fonds d’investissement activiste Elliott Management, connu pour demander des changements stratégiques au sein des groupes dans lesquels il investit.
ode/pml/abx
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