Depuis le mois de mai 2024, les équipes techniques d'EDF suivent un long processus qui doit permettre à l'EPR de Flamanville de fonctionner à plein régime d'ici à l'été 2025.
Après le chargement du réacteur, l’EPR a été connecté au réseau à la fin de l’année dernière.
L’énergéticien français suit un programme très précis pour finaliser avec succès toutes les étapes du démarrage de l’EPR. EDF a expliqué à Techniques de l’Ingénieur ces dernières, mais aussi les améliorations prévues sur les futurs EPR2, tirées des retours d’expérience accumulés à la suite des chantiers de construction des premiers EPR.
Quelles étapes ont été franchies depuis le chargement du réacteur en mai 2024 ?
En mai 2024, les opérations de chargement des 241 assemblages combustibles dans la cuve du réacteur ont été effectuées.
Après la réalisation du chargement du réacteur, les équipes ont procédé à de nombreux essais techniques : c’est plus de 1 500 critères qui ont été vérifiés pour mettre en condition le réacteur pour sa première divergence.
En septembre 2024, l’Autorité de sûreté nucléaire a donné son accord à EDF pour procéder aux opérations de divergence du réacteur de Flamanville 3. La divergence correspond à la première réaction nucléaire dans le réacteur et consiste à établir une réaction nucléaire stable à très faible puissance. Une fois réalisée, le réacteur était situé à 0,2% de sa puissance nominale.
Après la première réaction nucléaire, les équipes ont poursuivi le programme d’essais et de contrôles pour monter progressivement le réacteur en puissance par paliers.
Le 21 décembre 2024, le réacteur de Flamanville 3 a été connecté pour la première fois au réseau électrique national et a produit 100 MW électriques.
Quelles sont les prochaines étapes qui vont suivre l’autorisation de franchir le seuil de 25% de puissance ?
Après ce premier couplage, conformément à la procédure de démarrage, les phases d’essais et de connexion et de déconnexion au réseau électrique sont en cours et se poursuivront pendant plusieurs mois, sous le contrôle de l’ASN, jusqu’à ce que le réacteur atteigne 100% de puissance d’ici l’été 2025.
Le démarrage d’un réacteur est une opération longue et complexe. Il demande la pleine mobilisation des équipes et est réalisé à chaque étape avec le plus haut niveau de sûreté ainsi que de fiabilité industrielle.
Deux passages de paliers sont soumis à accords de l’Autorité de Sûreté nucléaire : le seuil des 25 % de puissance, puis des 80 %.
Pourriez-vous donner quelques exemples des « événements significatifs » rapportés par EDF et des corrections apportées ?
Les déclarations d’Evènements Significatifs Sûreté (ESS) sur l’EPR de Flamanville sont disponibles en ligne. Il s’agit en très grande majorité d’ESS de niveau 0, c’est-à-dire sous l’échelle INES.
Le démarrage de l’EPR est un processus long et complexe avec la mise en service de matériels pour la première fois. Plus de 1 500 critères sont testés donc cette phase comprend de nombreux essais et s’accompagne de la prise en main progressive des matériels par les équipes d’exploitation.
L’appropriation des règles d’exploitation a été organisée en amont du démarrage lors de formations et une période d’application à blanc. Chaque évènement fait l’objet d’une analyse approfondie et, si besoin, conduit à la mise en place d’actions correctives. Un dispositif d’appui national a été mis en place auprès du site. Cela consiste notamment à détacher des renforts, et à la réalisation de revues de pairs (issus d’autres CNPE) qui permet de donner au site un renvoi d’image sur leurs pratiques.
Quels sont les éléments d’amélioration déjà répertoriés pour la mise en œuvre des EPR 2 ?
D’une puissance de 1 670 MW, le réacteur EPR2 s’appuie sur les enseignements acquis dans les chantiers réalisés ces dernières années en Chine, en Finlande, au Royaume-Uni et en France. L’EPR2 intègre les dernières évaluations scientifiques sur le changement climatique pour proposer un réacteur capable de fournir de l’électricité bas carbone pour au moins 60 ans.
Les chantiers de construction des EPR de Flamanville et d’Hinkley Point C (Royaume-Uni) sont une première étape permettant de reconstituer une supply chain adaptée aux enjeux de la construction et de réinvestir dans des parcours de formation et de professionnalisation. L’EPR2 est une version optimisée de l’EPR. Il conserve les atouts de ce dernier – puissance, sûreté, et adapté aux enjeux environnementaux – tout en améliorant sa compétitivité économique et sa constructibilité.
Ses principales améliorations vont dans le sens d’une simplification de la conception, de la standardisation des composants et des processus. Il sera aussi conçu pour être plus flexible et s’adapter à la production des énergies renouvelables.
Image de Une : © EDF-Antoine Soubigou-Capa Pictures
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